Coopératives d'habitation et habitat groupé en Suisse et en France : une mise en perspective culturelle et politique
Olivier Krumm
La
coopérative d'habitation est une forme juridique intermédiaire
entre la propriété privé et le système locatif. Tout part de la
création d'une association de futur-e-s habitant-e-s qui, suite à
l'acquisition d'un terrain ou d'un bien immobilier existant, établit
un plan financier pour réaliser les travaux nécessaires à la
réalisation de son habitat. L'acquisition en question peut se faire,
soit par un achat qui pèsera plus lourd sur ce plan financier, soit
par un bail emphytéotique (appelé droit de superficie), plus facile
à amortir dans le temps.
Le principe de base du plan financier est que chaque foyer doit
s'acquitter d'une part sociale unitaire par nombres de pièces de
l'appartement occupé, et que le montant de celle-ci est calculé
pour assurer les fonds propres demandés par la banque. Ce montant
représente généralement entre 4'000 et 8'000 euros. Par exemple,
pour un appartement de trois chambres avec une part unitaire établie
à 4'000 euros, la part sociale demandée sera de 3x4'000 (chambres)
+ 2x4'000 (cuisine et salon), soit 20'000 euros. Les loyers sont
ensuite calculés pour assurer le remboursement mensuel du prêt. Les
prêts suisses étant le plus souvent remboursés sur 60 ans ou plus,
la coopérative aura ensuite, en fin de prêt, le loisir de baisser
ses loyers ou les maintenir en fonction de ses besoins (rénovation,
....).
À Genève ...
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Retour d'expérience, la coop mill'O de Genève
Stéphane
Fuchs
En
1999, la coopérative CODHA reçoit un terrain en droit de superficie
(bail emphytéotique) pour la création de logements à
Plan-les-Ouates. Deux familles, dont la mienne, proposent à la
coopérative de réunir les personnes intéressées à ce projet afin
de constituer une association. Au début 2001, 8 familles se
réunissent, dont 7 décident de créer l’association du
Plaqueminier (premier nom de Mill’o) et développent un programme
reprenant les idéaux et utopies du groupe. Cette période fut
intense et extrêmement enrichissante en termes de partage d’idées
et de rencontres entre personnes.
Dans
un deuxième temps, la coopérative faîtière(CODHA) et
l’association entreprennent la recherche du bureau d’architectes
susceptible d’effectuer le mandat conformément au programme
développé par les membres de l’association. Connaissant bien le
programme pour avoir contribué activement à son élaboration, je
dépose ma candidature. La CODHA ainsi que les membres de
l’association, après examen des différents candidats, décident
de mandater mon bureau.
Dès
cet instant, j’endosse deux casquettes : celle d’architecte
et de futur habitant.................................................................
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Habitat coopératif : une vue de l’intérieur…
Alain
Marcom et Mary Jamin
Rappel des faits :
En
1986, nous avons participé à la création d’un groupe de copains
qui cherchaient à résoudre en collectif leur projet de logement .
En 1989, nous avons trouvé un terrain agricole en bordure de zone
urbanisée d’un village, nous avons déposé une demande de
Certificat d’urbanisme puis une demande d’arrêté de lotir, puis
les permis de construire individuels. Nous avons commencé à
construire en 1995. Nous étions une petite dizaine d’adultes en
1986, nous n’étions plus que 7 pour l’acquisition. Nous sommes
aujourd’hui 12 adultes, dont 5 du groupe des premiers acquéreurs à
vivre dans 7 logements..............................................................................................
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Lecture d'extraits du texte "l'effet survirage contre l'effondrement environnemental" de Philippe Bihouix
Stéphane
Peignier
"l'effet survirage contre l'effondrement
environnemental" de Philippe Bihouix présenté lors du
Contre-Grenelle 3 de Vaux-en-Velin en avril 2011.
Un ouvrage est paru
compilant les interventions faites lors de ce rassemblement : "
Contre
Grenelle 3" Décroissance ou barbarie contre éditions GOLIAS
Site
Internet avec les interventions filmées :
http://www.contre-grenelle.org/
Une
question: Présence ou non d'écobâtir au contre Grenelle 4?
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Habitat groupé contre la spéculation : fantasme, réalité prosaïque, ou ....
Jean-Jacques
Tournon
Faire
un groupe pour construire un habitat groupé, qu’elle est bonne
cette idée !
Même
si le terrain est cher la construction à étage relativise le coût
du mètre carré habité plus des économies réelles importantes,
car pas de frais de commercialisation, pas de frais financiers, et
pas de profits pour les promoteurs, l’ensemble pouvant représenter
entre 15 à 35% du prix de l’habitation sur le marché immobilier.
On peut même aller plus loin en faisant de l’auto construction.
Mais
s’il suffit de faire un groupe pour dépenser moins 20% du prix du
marché, c’est formidable.
-
Il suffit de créer un groupe composé de familles ? de femmes ?
d’hommes ?
-
Il suffit de créer un groupe mais comment faire pour réunir des
gens motivés ?
-
Il suffit de créer un groupe, mais : ce sera nos futurs
voisins, aie ! il faudra faire attention !
-
Il suffit de créer un groupe, mais un groupe ça marche comment ?
il faut un chef ?
-
Il suffit de créer un groupe et on aura enfin notre maison pas
cher !
-
Il suffit de créer un groupe ....................................................................................................................
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5 minutes pour saisir la destruction du "commun"
Pascal
Baeteman
"L'écologie
politique ne deviendra radicale et efficiente qu'à condition de
reconnaitre que la destruction des communaux entrainée par leur
transformation en ressources économiques est le facteur
environnemental qui paralyse l'art d'habiter."
Ivan
Illich, l'art d'habiter, discours devant the royal institute of
british architects, York, juillet 1984....
Nos
amis suisses ont bien du mal à nous faire entendre ce qu'ils ont su
garder d'un goût immémorial pour la collectivité. L'histoire
récente de "l'habitat groupé" en effet repose cette
question de "l'en commun". Or, sous la pression des
physiocrates et des libéraux de ce 18° siècle des "lumières",
le silence du bon sens s'est effrité dans l'aubaine tonitruante de
la fameuse et paradoxale "révolution" française ; en
effet c'est bien le 10 juin 1793 que les "montagnards"
parisiens débarrassés des "girondins" ont enfin pu faire
passer cette formidable loi qui obligeait toute parcelle du
territoire à relever de la "propriété privée"... C'en
était fini de cette complexité des échanges et des arrangements
dans l'usage collectifs des communaux, l'enclosure aboutissait à
fixer l'ordre capitaliste naissant en transformant l'environnement en
"ressources" au service d'entreprises. Cette mutation qui
interdit aux habitants de tirer le plus gros de leurs subsistances du
milieu où ils vivent, les précipitent dans le système du marché
où ils se retrouvent salariés et consommateurs dans une
irresponsabilité politique qui nous conduit à une surenchère de
peurs et de polices, conjuguant iniquités et inhibitions.
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Habitat groupé et coopératives, une expérimentation politique du vivre ensemble
Intervention
de Marcel Ruchon
Introduction
On
cherchera ici à repérer ce qui caractérise les initiatives
d'habitat groupé (ou auto produit) dans leur rapport à la
production du logement telle qu'on peut l'observer en France
aujourd'hui.
Ceci
d'un point de vue général, celui de l'aménageur de la ville, élu
ou urbaniste dont on se hasardera ici à définir (très)
sommairement les tâches principales :
- de
répondre à la demande sociale en logements de toutes catégories et
tous types et plus largement en cadre de vie, par un ensemble
d'actions de transformation et d'équipement des espaces,
- de
faire cohabiter des singularités (les projets) dans un ensemble
cohérent (le quartier, la ville, le territoire …) d'un point de
vue fonctionnel, économique, social et culturel.
Si
la réalité opérationnelle de l'aménageur est à priori distante
de celle des porteurs de projet d'habitat groupé, le retour de ce
type de promotion, qui avait quasiment disparu après une première
vague dans les années 70', mérite d'être pris en compte dans sa
capacité à enrichir la construction du quartier, du bourg, du
village …...............................................................
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Le vivre ensemble
Christian
Post
C’est
un sujet qui m’intéresse depuis une trentaine d’années.
J’ai
eu plusieurs fois l’opportunité de participer à un projet de ce
type. Mais pratiquement aucun n’a été jusqu’à la réalisation.
Ceci pour différentes raisons. La plus évidente concerne un projet
d ‘écovillage en 1997 sur la commune de Lucinges en 74.
Projet mené par un groupe de personnes qui avait une démarche
collective peut appréciée par les autorités locales, ce qui fait
que la mairie a toujours trouvé une raison pour ne pas accorder le
permis de construire.
Par
contre les raisons pour lesquelles les autres projets n’ont pas
aboutis étaient différentes.
Au
départ le groupe de personnes concernées a un désir de faire
ensemble un habitat. Donc on discute sur l’emplacement,
l’organisation, l’architecture, les matériaux, les approches
écologiques, les aspects financiers, administratifs et juridiques.
On
discute, on discute, chacun a des idées des suggestions, des besoins
qu’il aimerait bien voir intégrer dans le projet. Mais au final
personne n’arrive à s’entendre avec les autres et ainsi le
projet est abandonné.
Si
ce scénario ne s’était passé qu’une seule fois, ceci ne
m’aurait pas interpellé. Mais là, la répétition m’a vraiment
fait poser des questions et réfléchir....................................................................................................................................
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infos CRIIRAD
La
CRIIRAD est une association à but non lucratif qui défend le droit
à l’information sur la radioactivité et le nucléaire et le droit
à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants. C'est
aussi un laboratoire agréé spécialisé dans les mesures de
radioactivité (analyses ponctuelles, études d’impact,
contre-expertises, dépistage de radon et diagnostics des bâtiments
affectés, vente de radiomètres).
Intervention
de Roland Desborde
texte
de
Bruno
Chareyron,
La
CRIIRAD (Commission de Recherches et d'Information Indépendante sur
la Radioactivité) est une structure associative qui a été créée
en 1986, suite à l'accident de Tchernobyl, par des citoyens qui
souhaitaient se doter d'un laboratoire de mesure pour connaître le
niveau réel de radioactivité dans leur environnement.
Depuis
1988, le laboratoire fait des mesures de Radon et il a largement
participé à une prise de conscience du public et des autorités sur
le problème du Radon dans l'habitat. En 1988, nous avions réalisé
une étude avec « Que Choisir » sur le Radon dans l'habitat.
Par
rapport aux matériaux de construction, nous avons eu une action
assez importante ces deux dernières années dans le combat pour
stopper l'ajout de silicate de soude faiblement radioactif dans la
laine de verre. Nous avons eu aussi des actions par exemple sur
l'expertise de l'école Marie Curie de Nogent-sur-Marne construite
sur des déchets radifères ou encore sur des études de terrain
(détermination du potentiel Radon) dans le cadre de l’implantation
de lycées HQE.
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