Rencontres de Genève

Date : du 10 au 13 juin 2011
Thème : Coopératives d'habitation et habitat groupé, une expérimentation politique du vivre ensemble
  
Rencontres de Villeurbanne (nov 2009)

Téléchargement des cahiers publics des rencontres

1106_CR_thematique_Geneve.pdf 1106_CR_thematique_Geneve.pdf (643.0 kB)

Contributions

Coopératives d'habitation et habitat groupé en Suisse et en France : une mise en perspective culturelle et politique

Olivier Krumm

La coopérative d'habitation est une forme juridique intermédiaire entre la propriété privé et le système locatif. Tout part de la création d'une association de futur-e-s habitant-e-s qui, suite à l'acquisition d'un terrain ou d'un bien immobilier existant, établit un plan financier pour réaliser les travaux nécessaires à la réalisation de son habitat. L'acquisition en question peut se faire, soit par un achat qui pèsera plus lourd sur ce plan financier, soit par un bail emphytéotique (appelé droit de superficie), plus facile à amortir dans le temps.

Le principe de base du plan financier est que chaque foyer doit s'acquitter d'une part sociale unitaire par nombres de pièces de l'appartement occupé, et que le montant de celle-ci est calculé pour assurer les fonds propres demandés par la banque. Ce montant représente généralement entre 4'000 et 8'000 euros. Par exemple, pour un appartement de trois chambres avec une part unitaire établie à 4'000 euros, la part sociale demandée sera de 3x4'000 (chambres) + 2x4'000 (cuisine et salon), soit 20'000 euros. Les loyers sont ensuite calculés pour assurer le remboursement mensuel du prêt. Les prêts suisses étant le plus souvent remboursés sur 60 ans ou plus, la coopérative aura ensuite, en fin de prêt, le loisir de baisser ses loyers ou les maintenir en fonction de ses besoins (rénovation, ....).

À Genève ...

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Retour d'expérience, la coop mill'O de Genève

Stéphane Fuchs

En 1999, la coopérative CODHA reçoit un terrain en droit de superficie (bail emphytéotique) pour la création de logements à Plan-les-Ouates. Deux familles, dont la mienne, proposent à la coopérative de réunir les personnes intéressées à ce projet afin de constituer une association. Au début 2001, 8 familles se réunissent, dont 7 décident de créer l’association du Plaqueminier (premier nom de Mill’o) et développent un programme reprenant les idéaux et utopies du groupe. Cette période fut intense et extrêmement enrichissante en termes de partage d’idées et de rencontres entre personnes.

Dans un deuxième temps, la coopérative faîtière(CODHA) et l’association entreprennent la recherche du bureau d’architectes susceptible d’effectuer le mandat conformément au programme développé par les membres de l’association. Connaissant bien le programme pour avoir contribué activement à son élaboration, je dépose ma candidature. La CODHA ainsi que les membres de l’association, après examen des différents candidats, décident de mandater mon bureau.

Dès cet instant, j’endosse deux casquettes : celle d’architecte et de futur habitant.................................................................

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Habitat coopératif : une vue de l’intérieur…

Alain Marcom et Mary Jamin

 

Rappel des faits :

En 1986, nous avons participé à la création d’un groupe de copains qui cherchaient à résoudre en collectif leur projet de logement . En 1989, nous avons trouvé un terrain agricole en bordure de zone urbanisée d’un village, nous avons déposé une demande de Certificat d’urbanisme puis une demande d’arrêté de lotir, puis les permis de construire individuels. Nous avons commencé à construire en 1995. Nous étions une petite dizaine d’adultes en 1986, nous n’étions plus que 7 pour l’acquisition. Nous sommes aujourd’hui 12 adultes, dont 5 du groupe des premiers acquéreurs à vivre dans 7 logements..............................................................................................

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Lecture d'extraits du texte "l'effet survirage contre l'effondrement environnemental" de Philippe Bihouix

Stéphane Peignier

"l'effet survirage contre l'effondrement environnemental" de Philippe Bihouix présenté lors du Contre-Grenelle 3 de Vaux-en-Velin en avril 2011.

Un ouvrage est paru compilant les interventions faites lors de ce rassemblement : " Contre Grenelle 3" Décroissance ou barbarie contre éditions GOLIAS

Site Internet avec les interventions filmées : http://www.contre-grenelle.org/

Une question: Présence ou non d'écobâtir au contre Grenelle 4?

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Habitat groupé contre la spéculation : fantasme, réalité prosaïque, ou ....

Jean-Jacques Tournon

Faire un groupe pour construire un habitat groupé, qu’elle est bonne cette idée !

Même si le terrain est cher la construction à étage relativise le coût du mètre carré habité plus des économies réelles importantes, car pas de frais de commercialisation, pas de frais financiers, et pas de profits pour les promoteurs, l’ensemble pouvant représenter entre 15 à 35% du prix de l’habitation sur le marché immobilier. On peut même aller plus loin en faisant de l’auto construction.

Mais s’il suffit de faire un groupe pour dépenser moins 20% du prix du marché, c’est formidable.

- Il suffit de créer un groupe composé de familles ? de femmes ? d’hommes ?

- Il suffit de créer un groupe mais comment faire pour réunir des gens motivés ?

- Il suffit de créer un groupe, mais : ce sera nos futurs voisins,  aie ! il faudra faire attention !

- Il suffit de créer un groupe, mais un groupe ça marche comment ? il faut un chef ?

- Il suffit de créer un groupe et on aura enfin notre maison pas cher !

- Il suffit de créer un groupe ....................................................................................................................

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5 minutes pour saisir la destruction du "commun"

Pascal Baeteman

"L'écologie politique ne deviendra radicale et efficiente qu'à condition de reconnaitre que la destruction des communaux entrainée par leur transformation en ressources économiques est le facteur environnemental qui paralyse l'art d'habiter."

Ivan Illich, l'art d'habiter, discours devant the royal institute of british architects, York, juillet 1984....

Nos amis suisses ont bien du mal à nous faire entendre ce qu'ils ont su garder d'un goût immémorial pour la collectivité. L'histoire récente de "l'habitat groupé" en effet repose cette question de "l'en commun". Or, sous la pression des physiocrates et des libéraux de ce 18° siècle des "lumières", le silence du bon sens s'est effrité dans l'aubaine tonitruante de la fameuse et paradoxale "révolution" française ; en effet c'est bien le 10 juin 1793 que les "montagnards" parisiens débarrassés des "girondins" ont enfin pu faire passer cette formidable loi qui obligeait toute parcelle du territoire à relever de la "propriété privée"... C'en était fini de cette complexité des échanges et des arrangements dans l'usage collectifs des communaux, l'enclosure aboutissait à fixer l'ordre capitaliste naissant en transformant l'environnement en "ressources" au service d'entreprises. Cette mutation qui interdit aux habitants de tirer le plus gros de leurs subsistances du milieu où ils vivent, les précipitent dans le système du marché où ils se retrouvent salariés et consommateurs dans une irresponsabilité politique qui nous conduit à une surenchère de peurs et de polices, conjuguant iniquités et inhibitions.

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Habitat groupé et coopératives, une expérimentation politique du vivre ensemble

Intervention de Marcel Ruchon

Introduction

On cherchera ici à repérer ce qui caractérise les initiatives d'habitat groupé (ou auto produit) dans leur rapport à la production du logement telle qu'on peut l'observer en France aujourd'hui.

Ceci d'un point de vue général, celui de l'aménageur de la ville, élu ou urbaniste dont on se hasardera ici à définir (très) sommairement les tâches principales :

- de répondre à la demande sociale en logements de toutes catégories et tous types et plus largement en cadre de vie, par un ensemble d'actions de transformation et d'équipement des espaces,

- de faire cohabiter des singularités (les projets) dans un ensemble cohérent (le quartier, la ville, le territoire …) d'un point de vue fonctionnel, économique, social et culturel.

Si la réalité opérationnelle de l'aménageur est à priori distante de celle des porteurs de projet d'habitat groupé, le retour de ce type de promotion, qui avait quasiment disparu après une première vague dans les années 70', mérite d'être pris en compte dans sa capacité à enrichir la construction du quartier, du bourg, du village …...............................................................

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Le vivre ensemble

Christian Post

C’est un sujet qui m’intéresse depuis une trentaine d’années.

J’ai eu plusieurs fois l’opportunité de participer à un projet de ce type. Mais pratiquement aucun n’a été jusqu’à la réalisation. Ceci pour différentes raisons. La plus évidente concerne un projet d ‘écovillage en 1997 sur la commune de Lucinges en 74. Projet mené par un groupe de personnes qui avait une démarche collective peut appréciée par les autorités locales, ce qui fait que la mairie a toujours trouvé une raison pour ne pas accorder le permis de construire.

Par contre les raisons pour lesquelles les autres projets n’ont pas aboutis étaient différentes.

Au départ le groupe de personnes concernées a un désir de faire ensemble un habitat. Donc on discute sur l’emplacement, l’organisation, l’architecture, les matériaux, les approches écologiques, les aspects financiers, administratifs et juridiques.

On discute, on discute, chacun a des idées des suggestions, des besoins qu’il aimerait bien voir intégrer dans le projet. Mais au final personne n’arrive à s’entendre avec les autres et ainsi le projet est abandonné.

Si ce scénario ne s’était passé qu’une seule fois, ceci ne m’aurait pas interpellé. Mais là, la répétition m’a vraiment fait poser des questions et réfléchir....................................................................................................................................

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infos CRIIRAD

La CRIIRAD est une association à but non lucratif qui défend le droit à l’information sur la radioactivité et le nucléaire et le droit à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants. C'est aussi un laboratoire agréé spécialisé dans les mesures de radioactivité (analyses ponctuelles, études d’impact, contre-expertises, dépistage de radon et diagnostics des bâtiments affectés, vente de radiomètres).

Intervention de Roland Desborde

texte de Bruno Chareyron,

La CRIIRAD (Commission de Recherches et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) est une structure associative qui a été créée en 1986, suite à l'accident de Tchernobyl, par des citoyens qui souhaitaient se doter d'un laboratoire de mesure pour connaître le niveau réel de radioactivité dans leur environnement.

Depuis 1988, le laboratoire fait des mesures de Radon et il a largement participé à une prise de conscience du public et des autorités sur le problème du Radon dans l'habitat. En 1988, nous avions réalisé une étude avec « Que Choisir » sur le Radon dans l'habitat.

Par rapport aux matériaux de construction, nous avons eu une action assez importante ces deux dernières années dans le combat pour stopper l'ajout de silicate de soude faiblement radioactif dans la laine de verre. Nous avons eu aussi des actions par exemple sur l'expertise de l'école Marie Curie de Nogent-sur-Marne construite sur des déchets radifères ou encore sur des études de terrain (détermination du potentiel Radon) dans le cadre de l’implantation de lycées HQE.

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