La Ville une programmation génétique ou conséquence de l’abondance alimentaire ?
Par Jean-Jacques Tournon, membre du RÉSEAU écobâtir
Préambule
Une étude internationale sur l’ADN des différents groupes humains peuplant la planète terre a été réalisée récemment. L’étude statistique de ces milliers d’ADN indique que la totalité des humains de la planète terre sont les descendants d’un petit groupe de 2000 à 5000 individus qui résidaient en Somalie il y a 1,8 million d’années et qui ont survécu à une éruption volcanique. Cette éruption en produisant les milliards de tonnes de cendres noires toxiques a provoqué une nuit hivernale de 7 ans anéantissant la quasi-totalité du monde vivant. On peut donc dire que : tous les humains sont les descendants de ce groupe de survivants (le ciel ne leur est pas tombé sur la tête).
Ce qui induit : Que l’espèce humaine est de même nature et oui, n’y a pas de race ! Toutes les différences observées (groupe sanguin, taille, couleur des yeux et autres) ne sont que des variables d’une même unité génétique et que toutes les observations, les mesures, les constatations faites sur un groupe humain ne sont que des variables et en aucun cas des faits isolés.
Pour les humains, comme pour les criquets pèlerins d’Afrique, ou les lemmings du Canada, l’abondance alimentaire entraîne une augmentation du nombre d’individus et quand le nombre d’individus dépasse un certain seuil, on assiste à un changement de comportement. Les criquets et les lemmings créent une migration. Les humains créent des villes.
La ville
Les études archéologiques nous apprennent que le processus de création de ville s’est reproduit très souvent. Les villes ont une durée de vie dépassant rarement les 5000 ans. Elles participent souvent à des processus de désertification. Toutes les villes humaines sont de même nature, Machu Picchu, Londres, Angkor, Alger, Istanbul, Babylone, Bombay, Prague, ou Saint Étienne, n’ont que des différences qu’en apparence. Les villes humaines vues de l’intérieur sont une accumulation de matériaux arrangés selon un système fractal de cellules, de pièces, de salles. Le regroupement de ces cellules est appelé bâtiment, ou plus précisément, hôpital, maison, immeuble, palais, hôtel, prison... Vue de l’extérieur, une ville peut être perçue comme un arrangement de façades séparées par des espaces de circulation (rue, route, boulevard, sentier).
La ville est le témoignage de l’existence d’une abondance alimentaire mais aussi la présence d’un objet social. L’objet social peut être si important, que, les humains peuvent construirent des villes même dans des milieux inhospitaliers, en plein désert par exemple comme : Las Végas ou La Mecque. Mais la ville est vite abandonné si l’objet social perd son importance ou disparaît (épuisement d’une mine ou d’une autre ressource). Il est à remarquer que l’objet social le plus fréquent est le commerce (les échanges).
L’abondance alimentaire actuelle est telle, même si elle n’est pas toujours très bien répartie que la population des humains s’est plus accrue, plus dans les 100 dernières années que pendant les 1,8 millions d’années précédentes. La majorité des humains vivent dans des villes.
Commentaire – un vieux proverbe boursier « les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel ». La croissance économique si croissance il y a n’est pas infinie. C’est, vrai aussi pour la production alimentaire. Le terme de croissance ou de développement soutenable est une belle et amusante, illusion !
Mais en reprenant la théorie de l’évolution de feu Charles Darwin il semble que la ville en générant une agitation booléenne des individus provoque des accumulations d’expériences (religion, philosophie, science, technologie). Ces accumulations d’expériences ou connaissances stockées, génère des systèmes parfois très sophistiqués : transport, communication... Il semblerait que la ville fasse partie de l’évolution humaine.
« L’avenir n’est écrit nulle part, l’avenir est à inventer »
La pensée unique pose problème en niant la diversité car elle simplifie et caricature le devenir en limitant le débat à un simple pour ou contre. La crise actuelle est une chance car elle n’arrive pas trop tard. La crise est une remise en cause par une redistribution brutale des hiérarchies ainsi que les signes sociaux. Nous prenons lentement conscience que nous pouvons déterminer notre avenir, le réchauffement climatique, nous aide à cette prise de conscience. C’est à nous à inventer ou de créer des réponses, un florilège de réponses, plus il y aura de réponses et plus la probabilité d’apparition de réponses viables sera grande.
Les GSS+ (graisse, sel, sucre, plus additifs) la base de notre alimentation industrielle très efficace et bon marché est malheureusement basée sur un pétrole au coût dérisoire permettant l’excès de transport et l’excès de mécanisation de la production agricole mais aussi l’abus d’engrais et de pesticides. Ce type de production créatrice de carences alimentaires est une bombe à retardement sanitaire dont l’obésité est la partie la plus visible.
Un truisme
La production alimentaire dépend, pratiquement que de la photosynthèse. La photosynthèse c’est l’alliance de l’eau et du soleil qui transforme l’énergie solaire en vie. Pas d’eau pas de vie.
Une conclusion parce qu’il faut bien finir.
Pour l’alimentaire la proximité a toujours été la sécurité. C’est là que pourrait commencer le travail : les idées de limites géographiques, de type d’échange, de mise en relation, mais aussi de villes jardins avec des productions agricole, fantasme ! ou début de réponse ?
Il est certain que l’évolution du coût du pétrole validera certaines propositions qui nous semblent aujourd’hui utopiques voir farfelues. L’acte de construire a un impact important sur les sols. Une piste pourrait être : comment incorporer une partie de la production alimentaire à l’habitat, à la ville. Les murs végétaux ainsi que toitures végétalisées n’ont pour le moment qu’un intérêt esthétique ou climatique mais…..
Pour AG du réseau Ecobâtir de St Étienne
Le 4/12/08
Jean Jacques Tournon