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Eco construire la ville …. En partant des habitants ?

Par Claire Hollard,

Exemple d’un projet d’habitat groupé, Ecologique, Social et Solidaire : « l’Hameau vert »  Projet Nord Isère

Quoi? Un projet d’habitat groupé :
Ce terme d’habitat groupé peut s’appliquer tant aux logements regroupés en vertical, immeubles ou barres HLM par ex, qu’en horizontal, lotissements ou résidences  pavillonnaires. Dans notre cas il s’agit de l’entendre tel que défini dans la charte du réseau national de l’Habitat Groupé, soit : de l’habitat répondant à des besoins définis par un groupe de futurs habitants, prévoyant la mutualisation des moyens et de certains espaces.
               

Qui? Trans’Missions Solidaires (T’MS)
Une association créée en 2006 avec pour fondement un objectif
Social : mixité économique et générationnelle
Solidaire : mutualisation des moyens et éco construction permettant l’accès au plus grand nombre même non fortuné.
Écologique : une ouverture des bienfaits d’un bâti écologique pour tous y compris des publics qui en sont éloignés par la culture ou l’économique.

T’MS s’inscrit non seulement dans le réseau Habitat Groupé mais adhère aussi à Habicoop, association pour la création de coopératives d’habitants, et aux Castors pour sa culture en auto construction.

Où ? Rhône Alpes
T’MS par ses fondatrices se trouve dans les départements de Savoie, Isère, Ain et Rhône et s’est donnée une vocation régionale  avec pour but le développement d’éco lotissement social et solidaire.


Dans le Nord Isère :

Une opportunité de foncier en plein centre de la commune permet le démarrage d’un projet début 2008 dans le nord/Isère rural, à Montalieu Vercieu, bourg de 2 178 habitants.
Un petit groupe d’habitants de la commune et des environs réfléchit à ses valeurs communes  de base, rédige une charte et se donne une forme juridique associative qu’elle nomme « l’Hameau Vert ».
Ce groupe de petite taille – 8 ménages de 30 à 72 ans – décide de s’agrandir tandis que la perspective du foncier de Montalieu disparaît et que, par prospection, une opportunité d’achat d’un corps de ferme se présente à proximité de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau, 40 Km sud de Montalieu.
De rural, le projet devient rurbain et l’ouverture de l’association attire alors de nombreuses personnes proches de cette ville nouvelle, riche de 40 000 habitants.
L’emplacement de ce bâti, proche des services d’une ville, avec notamment différents moyens de transport collectif, est un atout majeur pour la majorité du groupe pour des raisons d’écologie et d’économie.
C’est pour les mêmes raisons que les habitants de Montalieu comptent poursuivre leurs investigations sur leur commune : 40 Km d’aller retour au quotidien sans transport en commun reliant Montalieu et la ville nouvelle n’étant en rien écologique et/ou économique !

La majorité des membres de l’association est très attiré par la ville nouvelle qui offre de nombreux services types commerces banaux mais surtout l’important maillage routier/autoroutier, ferroviaire voire même aérien avec l’aéroport St Exupéry.


Comment ?

Le projet prévoit la mutualisation des moyens individuels et collectifs  soit :
du financement individuel + auto construction
un appui des communes et/ou communautés de communes sur le foncier
un financement type logement social en fonction des ressources de futurs habitants
Les principaux atouts et freins

Aujourd’hui, en novembre 2008, ce projet a des atouts majeurs pour une commune d’accueil :
Un groupe d’habitants déjà en lien, une culture écologique et une volonté d’habitat économe en énergie, une solidarité générationnelle sont autant d’arguments qui sont bien reçus par les communes interpellées. Dans un site tel que l’(ex) ville nouvelle avec son EPIDA (Etablissement Public) qui gère le foncier depuis 30 ans, l’obligation de construire du logement reste  présente et le souci d’un développement durable et économe est prégnant.

Le bon accueil par les élus est donc compréhensible malgré des freins que rencontrent de nombreux groupes d’Habitat Groupé : statuts juridiques pour la coopérative d’habitant, auto construction et maîtrise d’œuvre si rapprochement avec bailleur social.

Les freins les plus inattendus viennent en fait du groupe lui même dans la conception de la mutualisation : les liens à créer avec des élus communaux ou la demande d’intervention d’un organisme habilité à drainer du financement de logement social fait craindre à certains de perdre le contrôle du projet. Certains membres, écolo de vieille date ne peuvent concevoir comme possible de travailler tous ensemble, habitants et institutions, pour un objectif commun sans risques réels d’être dépossédés et instrumentalisés.

Avoir été précurseur dans les idées, s’être battu pour les faire vivre empêche t-il de travailler ensemble en plein accord avec des organismes qui sont dans leur essence au service des citoyens ?
Eco construire la ville en partant des habitants qui rallient les communes et les services comme des outils au profit d’un objectif commun : serait ce une gageure insurmontable ?
De la suspicion pourra –t-on un jour passer à la mutualisation effective de tous ? Que veut on vraiment ?
Affaire à suivre




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