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Un an d'Etablissement Public d'Aménagement à Saint-Etienne

par Eric Bazard, Architecte-Urbaniste et Directeur Général Adjoint de l’EPASE


L’Établissement Public d’Aménagement de Saint-Etienne est né en janvier 2007 d’un partenariat entre la Ville de Saint-Etienne, Saint-Etienne Métropole, le Conseil général de la Loire, la Région Rhône-Alpes et l’Etat, pour accélérer le renouveau urbain de la ville. Le périmètre de compétence de l’Etablissement couvre un territoire de plus de 1000 hectares, correspondant pour l’essentiel au quart Nord-Est de la ville.

L'EPA Saint-Etienne est placé sous la direction de Nicolas Ferrand, ancien conseiller technique chargé de l'urbanisme et des transports collectifs au cabinet du ministre de l'Equipement et de l'Aménagement du Territoire. Saint-Etienne est actuellement, avec Marseille et Nice (hors Ile-de-France), la seule ville à disposer d’un tel outil public de reconversion.

L'EPA Saint-Etienne contribue à renforcer l’attractivité territoriale de Saint-Etienne au sein de l’aire métro-politaine lyonnaise (prise en charge par l'Etat pour que Lyon joue un rôle dans l'aménagement des territoires, et permettre à Saint-Etienne d'accentuer son développement économique dans une position complémentaire pour une métropole Lyon/Saint-Etienne).

Les trois missions principales de l’EPA Saint-Etienne :

- Une mission d’aménagement : Il assure à la fois un rôle d’ensemblier et la maîtrise d’ouvrage opérationnelle des projets d’aménagement urbain qu’il pilote, en complément de l’action des autres acteurs institutionnels.

- Une mission de développement économique : Il participe en amont à l’élaboration de la stratégie économique du territoire aux côtés des services de la ville et de l’agglomération et apporte sa contribution active pour alimenter la réflexion sur les enjeux et la définition des objectifs de développement économique.

- Une mission de promotion : Il contribue à valoriser l’image de l’agglomération stéphanoise et à renforcer l'attractivité de la ville auprès des institutionnels, des professionnels de l’immobilier, des médias et du grand public.

 

L’intervention en tant qu’aménageur de l’établissement se fait sur des quartiers complémentaires à ceux déjà investis par le dispositif de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), à savoir :

- les quartiers anciens : Jacquard, Chappe-Ferdinand, Saint-Roch et Soleil (projets d’architecture et d’urbanisme),

- les quartiers en mutation : Châteaucreux, Manufacture-Plaine Achille, et Pont de l'Âne Monthieu (Développement du quartier d’affaires autour de la Gare, d’un pôle Loisirs/ Enseignement/Recherche et Innovation et d’un quartier d’activité commerciale et artisanale).

 

Il s'agit de "faire la ville" en organisant une interaction entre maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'œuvre urbaine, choisie lors d’un processus négocié de consultation (Accord-cadre). En complément du travail du Maître d’œuvre, des prestataires sont missionnés sur différents thèmes notamment les AEV (Analyse Environnementale Urbaine), même si cette dernière démarche montre parfois beaucoup de limites.

En cœur de ville, il n'y a pas un problème de chômage particulier, mais un vrai problème sur les territoires centraux dû au fait que les classes moyennes et supérieures partent vivre en périphérie. Dans ce contexte, l’EPA Saint-Etienne est chargé d’accélérer la renaissance urbaine de la ville, en favorisant le développement du commerce et de l’habitat.

A ce titre, la réhabilitation des quartiers centraux situés à l’intérieur du boulevard urbain, constitue un des axes phares de l’intervention de l’EPA Saint-Etienne, en complément des actions financées par l’ANRU et de celles menées par la ville de Saint-Etienne. La réflexion sur le parc de logements dégradés, obsolètes et insalubres, est réintégrée dans une problématique plus large de qualité de vie au centre ville, comprenant requalification des espaces publics, déplacements, commerces et services de proximité.

 

* Châteaucreux représente 60 ha, de part et d'autre de la Gare.

Le quartier a pour vocation de devenir le premier pôle d’affaires et d'échange multimodal de l’agglomération et le second de l’aire métropolitaine lyonnaise. Il devra accueillir également des logements (2500 nouveaux habitants) et des services (9000 employés, cible : sièges de PMI/PME), structurés autour d’infra-structures de transports et d’espaces publics majeurs (2ème ligne de tramway, Esplanade de France etc…).
 

* Le quartier Jacquard (30 ha, 5000 habitants)

Il constitue l’un des secteurs prioritaires de l’intervention de l’EPA Saint-Etienne dans les quartiers anciens. Son action est complémentaire à celle de la Ville sur les périmètres ANRU.

L’enjeu de ce projet est d’améliorer l’attractivité résidentielle du centre ville à travers la réhabilitation de l’habitat existant, la requalification des espaces publics et le développement d’une offre de commerces et de services de proximité, en répondant aux préoccupations en matière de déplacements et de stationnement résidentiel. L’objectif est globalement d’améliorer la qualité de vie des habitants et d’en attirer de nouveaux en diversifiant l’offre de logements, en valorisant les espaces et équipements publics et en confortant la dynamique commerciale.

 

Pour ce faire, il faut agir :

- sur les espaces publics et les déplacements,

- dans les opérations qui peuvent se développer autour de ces espaces publics remis en scène,

- sur les cœurs d'îlots.

Et trouver de nouveaux standards pour aimer habiter en centre ville.

A cela s'ajoute le problème de la "conservation du patrimoine".

 

* La Manufacture Plaine Achille (anciens marais) sur environ 100 ha.

Ce site est marqué par la reconversion de la Manufacture de GIAT, ancienne manufacture d'armes datant de l'époque de François 1er, et représente l'opération symbolique du développement économique de Saint-Etienne.

 

Il a une vocation mixte, lieu de brassage et lieu de construction de la dimension métropolitaine de Saint-Etienne (grand campus métropolitain regroupant enseignement, recherche, activités économiques, culture, habitat et loisirs). Ce projet constituera un nouveau morceau de ville autour de la cité du design, du pôle optique, de l’ancienne manufacture d’armes et des grands équipements de la Plaine Achille avec une meilleure intégration des équipements dans le site et une rationalisation des espaces de stationnement qui occupent aujourd’hui environ 8 ha.

En effet le marché de définition et des études complémentaires sur la place de la voiture ont mis en avant la question de l’utilisation de la voiture et des stationnements sur la Plaine, révélant un véritable levier d’action pour la reconquête d’espace en ville. Ce travail devra néanmoins se faire sur le long terme, face à des citoyens encore peut enclins à abandonner leurs véhicules particuliers.

 

Au-delà de ce point particulier, le vrai enjeu ici est de développer un quartier métropolitain singulier, qui soit d’ici et pas d’ailleurs, en s’appuyant sur une économie de l’intelligence, en jouant sur le double sens du mot économie.

 

* Le Centre ville

Ici se pose la question du commerce et de son rayonnement, de même que sur l’autre secteur de projet en proche périphérie (Pont-de-l’Âne-Monthieu).

Il existe un déficit d’offre commerciale sur l’agglomération. Le centre ville et les différents pôles commerciaux vivent cependant assez bien en harmonie, il convient de renforcer cet état de fait et d’éviter tout nouveau projet qui romprait le fragile équilibre existant.

L’offre commerciale du centre-ville, spécialisée dans l’équipement de la personne et la culture sera complémentaire à celle de Pont de l’Âne-Monthieu, centrée sur l’équipement de la maison et l’alimentaire.

 

La renaissance du centre ville est au cœur du projet de renouvellement urbain de Saint-Etienne afin d'améliorer le cadre de vie des stéphanois d’hyper centre, de transformer l’image de la ville et d’attirer de nouvelles populations. Cela passe notamment par :

- le renforcement de l’offre de proximité pour répondre aux attentes des consommateurs,

- une politique de stationnement et de déplacement qui renforce l’accessibilité en transport en commun au centre ville, notamment grâce à la création de parking de dissuasion,

- une meilleure accessibilité aux parkings pour les clients des commerces et les résidents (jalonnement dynamique des parkings, réorganisation de l’offre),

- la limitation des déplacements à l’échelle de l’agglomération en privilégiant les opérations de centre ville ou desservies par les transports en commun,

- une certification HQE a minima des bâtiments restructurés ou créés sur ses opérations phares.

 

* Le site Pont de l’Âne Monthieu

Il est situé à seulement 1,5 km du centre ville.

L’EPA Saint-Etienne agit pour la restructuration de ce site à l’entrée Est de la ville.

L’objectif du projet est de requalifier ce quartier (130 ha) de faubourgs anarchiques, principale entrée de l’agglomération depuis Lyon, repenser complètement les zones vertes et espaces publics existants, l’accessibilité du site et moderniser la structure commerciale existante pour en faire un pôle commercial lisible, offrir un mode de vie urbain moins dépendant de la voiture en rattachant par des moyens de transport en commun de grande capacité (tram-train) cette zone commerciale, la gare de Châteaucreux et le centre-ville.

 

 

Synthèse des débats :

 

Encore en phase préopérationnelle sur la plupart de ces projets, l’EPA Saint-Etienne a organisé une concertation avec la population "a minima" de ce qu’imposent les règles d’urbanisme. Cependant, sur le Site Jacquard, un dispositif plus complet est en œuvre avec notamment des réunions de groupes de travail ainsi que des comités de quartier. Par contre, avant de consulter la population, il faut "expliquer" et dire d’emblée ce qui n'est pas envisageable ou négociable et pourquoi, ainsi que ce qui fait l’objet de discussions; cela permet de poser des règles, pour que la concertation ait une réel efficacité. C’est aux politiques, constamment informés par la sphère technique, de poser ces préalables et ensuite de les tenir.

Pour ce qui est de la place des "mobilités douces" : il y a une vraie difficulté à ce niveau-là, c'est un chantier à mener avec la nouvelle municipalité qui s’est pleinement investie de la question.

Au niveau de l'agriculture : Saint-Etienne dispose de beaucoup de territoires autour de la ville pour l’approvisionnement, les petits producteurs sont exemplaires et approvisionnent les marchés de centre ville, il existe aussi des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Il n’apparaît pas comme prioritaire - au niveau de l'EPA Saint-Etienne - de travailler sur l'intégration d'espaces réservés à l'agriculture en milieu urbain, Saint-Etienne disposant d’ores et déjà d’un réseau de Jardins familiaux en milieu urbain (instauré dès le XIXèmè par l'abbé Volpette).

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